"Les Oubliés" : autant de narrateurs que de personnages principaux

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 Dans « Les Oubliés » (tome 1 et 2), le récit est écrit majoritairement à la première personne, « je ». Ce sont les personnages principaux qui racontent leur histoire. Ce sont les narrateurs.

 

« Narrateur : personne qui fait un récit, qui raconte quelque chose » (cf. Larousse)

« Narrateur : dans l'énonciation du récit littéraire, la personne qui fait le récit et qui n'est pas forcément l'auteur » (cf. cnrtl)

 

Il est donc question, dans ce qui va suivre, du pourquoi du comment de la chose : ma façon d’écrire et ses conséquences.

Un personnage = Un narrateur, le principe d'écriture

un personnage = un narrateur, le principe d'écriture des Oubliés

En écrivant « Les Oubliés », j’ai choisi d’utiliser plusieurs narrateurs. En tout, le récit en compte huit : un pour chacun des sept personnages principaux et un pour les transitions et les évènements qu’aucun ne peut raconter.

 

Ce choix est personnel, une volonté de ma part de me démarquer de l’éternel narrateur omniscient qui sévit en littérature.

 

« Un narrateur est omniscient lorsqu’il connait tout de l’histoire qu’il raconte » (cf. études littéraires)

 

Il faut croire que j’aime me prendre la tête… mais je considère qu’un narrateur qui sait tout, voit tout, est partout, tout le temps, c’est la solution de facilité ! Je préfère le côté subjectif du récit à la première personne, vu à travers les yeux de celui qui vit l’évènement.

 

Mais j’avais déjà mon histoire en tête, avec ses personnages ; le genre d’histoire impossible à rapporter de façon satisfaisante (pour moi) si je me contentais de l’écrire du point de vue d’un seul des protagonistes.

 

Du coup, j’ai gardé mes personnages et mon récit à la première personne. J’ai simplement multiplié les narrateurs ! Chacun des sept personnages raconte ce qu’il est en train de vivre, son ressenti, ses pensées.

 

Je n’ai cependant pas totalement renoncé au narrateur omniscient… Il est bien là… parce que certains passages ne contiennent aucuns personnages principaux.

 

Le récit suit donc son cours selon une succession de points de vue. Chaque personnage en raconte une partie, à sa façon et avec ses mots. Ils vivent tous les mêmes choses mais différemment. C’est ça qui m’intéressait d’explorer. J’aurais pu utiliser un seul narrateur pour ça mais comme je l’ai déjà dit : je trouve que c’est trop facile !

 

Bon, finalement, ça m’a bien pris la tête ! Mais je me suis vraiment amusée à l’écrire, cette histoire !

Astuces : les différences entre les personnages

astuces "les oubliés" les différences entre les personnages principaux

Un narrateur omniscient et sept personnages principaux, cela donne huit façons de raconter la même histoire. Le défi consiste alors à ne pas perdre le lecteur !


Évidemment, de mon point de vue, il est très facile de savoir qui est celui qui parle à tel ou tel moment ; mais comme j’ai écrit le passage, c’est un peu (beaucoup) de la triche… chut…


Heureusement pour mon cher lecteur, j’ai pensé à lui (quand même) et j’ai essayé de lui facilité la lecture au maximum ! J’ai semé des indices !

Dans « Les Oubliés », on compte trois moyens de repérer à quel narrateur on a affaire :

  1. la police de caractère dans laquelle le texte est écrit : chaque personnage principal a ses propres caractères d’imprimerie.
les polices de caractères des personnages principaux des Oubliés tome 1 et tome 2

2. le paragraphe qui précède chaque changement de narrateur : juste avant qu’un des personnages prennent la parole, le texte donne le nom de celui qui va raconter.

 

3. (peut-être le moins évident) le style dans lequel le texte est écrit : chaque personnage a sa manière de s’exprimer et de raconter les choses, son vocabulaire. Par exemple, Thémis est très cartésienne ; Nadjet va ponctuer son récit de commentaires personnels ; Maé, en tant qu’enfant, verra les choses de façon plus imagée et naïves ; etc…

Et pour ne pas se perdre dans les personnages, un organigramme les énumère en début de volume.


Je suis bien consciente qu’un des points faibles du livre, « Les Oubliés », est le nombre de protagonistes qui interviennent durant le récit. C’est complexe, mais c’est pour ça qu’on l’aime, n’est-ce pas ?

Le visuel : les échanges avec l'illustrateur

le visuel du livre "Les Oubliés" : les échanges avec l'illustrateur : Quentin Diaz

Un des principes de la collection « Addic’SON » dans laquelle le livre (bientôt les livres) « Les Oubliés » est publié aux éditions Thalie, c’est de mêler l’image à l’écriture. Par conséquent, l’ouvrage comporte des illustrations.


J’avoue que j’étais aussi excitée que tendue à l’idée de laisser à quelqu’un d’autre que moi le soin de donner une apparence concrète à mon univers. C’est super délicat d’expliquer ce qu’on a en tête, ce qu’on a imaginé. Le monde dans lequel évoluent les Oubliés, je sais exactement à quoi il ressemble. Et encore heureux ! Mais jamais je ne trouverai quelqu’un qui le voit vraiment tel que je l’ai imaginé, même en l’expliquant le mieux possible.


Et faut-il le représenter, ce monde, en fin de compte ? Ne vaut-il pas mieux laisser au lecteur le privilège de donner libre cours à son imagination ? C’est un des avantages du livre par rapport à la BD ou au cinéma, chacun peut se représenter ce qu’il lit à sa manière.


Ça peut devenir un grand débat… Donc j’en suis venue à la conclusion toute personnelle que, même si mon livre comportait des illustrations, le lecteur restait libre de s’imaginer les choses autrement !


Et mon éditrice m’a mise en contact avec un jeune illustrateur enthousiaste à l’idée de plancher sur mon œuvre. Alors, nous avons discuté… du bouquin, de l’histoire, de sa vision, de ma vision, de son univers, de mon univers, de lui, de moi, de tout, de rien… etc… etc… etc… (je m’égare !)


Nos échanges ont surtout porté sur : quels passages illustrer et à quoi cela devait ressembler. Mais avant tout, l’éditrice voulait une illustration avec tous les personnages à mettre au début du volume. Nous avons donc d’abord parlé de ça.


Heureusement pour lui, il n’a pas eu à subir des heures et des heures de description des caractéristiques de mes sept personnages principaux parce que j’en ai fait des croquis !


Bon, alors… à côté de quelqu’un qui a fait des études de dessin, sortir mes pauvres esquisses en style manga (parce que c’est le seul que je « maitrise ») : c’était totalement la honte… D’autant plus que l’illustrateur n’aime pas (du tout) les mangas… Ah ! Ah ! Ah !


L’essentiel est que nous avons rapidement réussi à nous mettre d’accord sur ce à quoi je voulais que ça ressemble et il a esquissé mes personnages. Son style est différent de celui dans lequel j’avais imaginé les choses, alors au premier abord j’ai été plutôt surprise du résultat. Mais après quelques ajustements, j’étais quasiment satisfaite. Et je dis « quasiment » parce que je pense que je ne serai jamais totalement satisfaite… Je veux dire, même si après plusieurs années de cours de dessin j’avais réalisé les illustrations moi-même, ça ne m’aurait pas satisfaite entièrement non plus…


Et donc voilà la différence entre mes dessins et les officiels :

dessin des personnages principaux du livre "Les Oubliés" par Marie Fananas

Mes dessins...

dessin des personnages principaux du livre "Les Oubliés" par Quentin Diaz

revus par le maître !



Au final, je n’ai pas fait les choix les plus simples pour écrire « Les Oubliés » et ça m’a pris pas mal de temps pour le terminer proprement. Mais je suis contente du résultat et pour rien au monde je n’aurais renoncé à un ou plusieurs personnages. Je les adore, tous autant qu’ils sont. Et ça me plaît bien que d’autres que moi connaissent leur histoire !


Même si je suis un peu jalouse de devoir les partager ! Mouahahahah !


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